• De l'extérieur on a une image tronquée d'Haïti: misère, catastrophes, violence. Bien sûr tout cela existe, mais c'est très loin de recouvrir la réalité haïtienne, d'une profonde culture orale, d'une créativité multiforme spectaculaire, de courage, de gentillesse et de gaieté malgré l'adversité.

    Un exemple de cette gaieté spontanée: les tap tap. Dans ces petites camionnettes surpeuplées, les discussions et rires vont bon train, en y incluant chaleureusement cette blanche, insolite en pareil lieu. Je suis allée des Gonaïves au Cap Haïtien en tap-tap, un peu come celui de la photo, en plus petit. Presque une heure d'attente en pleine chaleur, jusqu'à ce que la camionnette soit pleine. Pas question de descendre, on perdrait sa place. Au final, nous étions à l'arrière 14 adultes et un enfant, dans un habitacle fait au maximum pour 10, les bagages collectivement sur les genoux, plus deux hommes debout accrochés à l'arrière, deux autres sur le toit au milieu des ballots et deux autres avec un nourrisson à côté du chauffeur. Aucun problème dans les virages (nombreux), nous étions si amalgamés les uns aux autres que personne ne bougeait. 3 heures de route au lieu d'une heure et demie en voiture.

    Des français dans de telles conditions d'attente et d'inconfort auraient fini par se taper dessus, ou au minimum se renfrogner ostensiblement dans leur coin. Pas les haïtiens: au bout de dix minutes, tout le monde avait fait connaissance, les rires fusaient, tout était prétexte à éclats de rire, comme ces policiers qui à coup de matraque ont fait descendre les deux gars du toit... lesquels sont remontés 20 mètres plus loin. Et leur bonne humeur à toute épreuve a duré pendant tout le voyage, certains dormant de temps en temps au milieu de cette agitation (verbale, puisqu'il n'était pas question de bouger ne serait-ce qu'un petit doigt). J'ai admiré ces gens et le voyage était vraiment plaisant. Vous me croyez?


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  • Le quartier de Jalousie, au dessus de Pétionville, Port au Prince, Haïti. 2 millions de dollars!!! pour repeindre les façades sans améliorer le moins du monde ce quartier auto-construit. Une campagne "Beauté contre pauvreté" qui a laissé les gens dans leur misère, et qui n'a fait que donner un joli "look" vu du quartier aisé de Pétionville que Jalousie surplombe. Ils auraient mieux fait de créer des égouts, ou des écoles, dans ce quartier, non? D'ailleurs cela n'a pas été terminé, le restant des dollars auraient disparu... Mais on peut y voir cette superbe grande fresque de mosaïque réalisée il y a quelques années par Patrick Vilaire, sculpteur et céramiste haïtien de renom, avec la communauté de Jalousie. Ne croirait-on pas que cette femme l'appelle? Voir l'album avec tous les détails https://get.google.com/albumarchive/115298194964060726102/album/AF1QipMTD2xWovpup1IGecY-W-Byffe-CvEsiCbkCgak

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  • A Jacmel, Art creation foundation for children récupère les enfants des rues, leur apprend la technique de la mosaïque et leur fait réaliser de grandes mosaïques sur les murs de la ville. Ils les nourrissent, les rescolarisent grâce à l'élan donné et la valorisation de leur travail. Cette ville des arts, si éprouvée par le séisme de 2010, voit le paysage de ses ruines transformé par ces mosaïques nombreuses, visibles, d'une créativité et d'un sens de l'expression plastique profondément haïtiens. Pour vous faire une idée, voici un album photo de certaines de ces mosaïques: https://get.google.com/albumarchive/115298194964060726102/album/AF1QipOxgAFD4eoBDusO7UB1D6iXrA64cNCEuLLCXuoj

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  • Les haïtiens travaillent, beaucoup, tout le temps, pour vivre. « Y ap fè mouvmen », mot à mot : ils font mouvement , se démènent. Les rues de Port au Prince fourmillent en permanence. Partout des hommes et des femmes portant sur la tête, le dos, des piles de produits, des paquets, des bassines, des plateaux. L’un vend des chapeaux suspendus en grappes à un bâton, qui des lunettes, lampes électriques, boissons, pâtés, beignets, slips, médicaments, bananes, pain… Un travail incessant, pour un revenu bien mince- la plupart travaillent pour le compte de quelqu'un d'autre.


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  • Partout des hommes  crient « dlo » « dlo », portant sur la tête de hauts sacs cylindriques contenant des sachets d’eau, d’autres vendent des bouteilles plastiques de sodas, eau, gelées dans la masse en début de journée, qui se réchauffent vite. Il semble que les haïtiens des villes aient vraiment pris l'habitude de consommer de l'eau traitée... D'ailleurs les bouteilles d'eau achetées dans la rue sont effectivement scellées, alors que dans certains pays on a intérêt à vérifier que la bouteille n'a pas simplement été remplie à nouveau.

     


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