• 1200 familles, un lieu symbolique de la lutte des sans toit au Paraguay. Les familles se sont installées sur ce terrain en 1999, et ont pu rester au prix de violents affrontements avec la police. Ils ont appelé leur “asentamiento” Marquetalia du nom d'un village de Colombie. En 2003, suite à une manifestation des occupants réclamant la régularisation promise de leur situation, une tentative d'expulsion par la police a de nouveau été repoussée. Le juge, voyant le tour des évènements et la violence des affrontements en perspective - les habitants étaient retranchés et armés, il y avait de nombreux enfants- a tranché en faveur des familles. Les dirigeants emprisonnés durent etre relachés 3 mois plus tard, après des manifestations répétées. Cette lutte, très médiatisée comme exemple d'atteinte à la propriété privée, a mis sur le devant de la scène l'action contre la criminalisation des luttes sociales.

    Ici Victoria, dirigeante de la communauté, avec Raul Marin, avocat des sans toit, emprisonné en 2003 et plusieurs fois auparavant. Aujourd'hui Raul est un des proches du President élu, Fenando Lugo.


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  • La violence continue néanmoins. Victoria, une des dirigeantes de la communauté de marquetalia, me montre les séquelles des coups violents dans le dos qu'elle a recus de la police en 2007. Elle a porté plainte, pour le principe, mais ses chances d'aboutir sontbien minces. Elle est pauvre, et ici, c'est tout dire. C'est une lutteuse. A 53 ans, elle a eu 17 enfants (du meme père, c'est rare...). Le plus jeune a 13 ans. Ils sont encore 8 à la maison. Son mari est malade. Un de ses fils vit aussi là avec sa femme brésilienne et ses deux enfants. C'est <st1:State w:st="on"><st1:place w:st="on">Victoria</st1:place></st1:State> qui fait bouillir la marmite. Elle a  construit son “tatakua”, four traditionnel de briques des indiens guaranis. Elle y cuit des “chipas” qu'elle vend dans le quartier. Ce sont des sortes de petits pains traditionnels en couronne fourrès d'un peu de fromage, la nourriture du pauvre. Elle vend aussi ses poules.


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  • Victoria, comme tous ses voisins, est en train de construire la maison qu'ils ont obtenu du gouvernement. Les matériaux leur sont livrés: briques, tuiles, poutrelles de béton, et les habitants se construisent eux memes leur maison en s'entraidant, supervisés par un technicien. Mais les maisons sont petites (une pièce-cuisine, une petite salle de bains, 2 chambres ) et Victoria devra garder sa cabanne de bois pour loger toute la famille.


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  • Toute sa rue est un vaste chantier, comme les rues voisines. Le gouvernement a accepté le financement de 600 maisons à Marquetalia, à travers le FOCEM (fonds du Mercosur). Beaucoup de matériaux viennent d'etre livrés dans cette période électorale. Dès la livraison, les habitants ont aussitot commencé à construire plusieurs dizaines de maisons, et la construction va très vite. Les rues sont bordées de piles de briques, de tuiles, de monticules de sable. Mais les maisons pourraient etre beaucoup plus grandes si une partie importante des fonds n'étaient pas détournés pendant leur passage dans l'administration gouvernementale (les détournements sont estimés à plus de la moitié des sommes versées au gouvernement par les financeurs, que ce soit le Mercosur ou Taiwan). Un grand espoir est né que le nouveau gouvernement fasse cesser ces pratiques.


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  • Tout le monde se met à la construction. et aussi les enfants de tous ages, avec le coeur à l'ouvrage. Mais là, pas de travail des enfants à dénoncer... ce serait les punir que de les en empecher. J'ai vu des tout petits à peine plus hauts que le seau qu'ils essayaient de porter.

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