• Dans la ruelle à côté de la halle, c'est déjà un semi bidonville, mais on vend encore du poisson. Des enfants trient les crevettes et les poissons sur une bâche, les rincent dans l'eau du caniveau qui déborde sur la bâche. Les gens dorment sur place, dans des échoppes improvisées de bouts de planches. Des femmes et des enfants vont chercher l'eau au seul point d'eau, des jarres d'aluminium sur la tête. Soleil du matin, couleurs vives des saris, silhouettes gracieuses des porteuses d'eau.

    Dans une autre ruelle, les marchands de vêtements commencent à s'installer sur des échafaudages de planches disparates. Des marchands d'eau circulent avec des tonneaux, des citernes métalliques ; les gens y vont avec leurs jarres.

    Je retrouve à nouveau les corbeaux du marché à la viande. Et tout à coup, le choc : un homme grisonnant, couché par terre sur le dos, les bras en l'air; à côté de sa tête, une sébile. Les yeux fixes, presque plus de dents , la langue sortie, il expire une litanie de borborygmes. Ses jambes ne sont plus que des moignons désarticulés pas plus épais que l'os, agités de convulsions. Les gens passent en frôlant ce lambeau d'homme torturé et agonisant sans le regarder... sans le voir ? Insoutenable.

    A côté un panneau officiel " Gardons Mumbaï propre et vert ".


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  • Une belle femme, accroupie sur son étal ; elle joue avec un chat. Les autres veulent que je la photographie ; elle rougit mais accepte en riant, les autres s'attroupent pour rire avec elle.


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  • Je cherche le marché aux poissons, de l'autre côté de la rue. Le long du marché à la viande , autant de corbeaux dehors que dedans, sur des tas de détritus. Je demande à un vieil homme où est le marché aux poissons. Il se fâche de ne pas me comprendre. Je lui dessine un poisson, son visage s'éclaire d'un sourire édenté, et ravi il me montre le chemin.

    Encore une immense halle, une merveille. Des étals de pierre, de larges piliers, un réseau de rigoles drainent l'eau, déjà rouge du sang de poisson. Cette fois, presque que des femmes, accroupies sur les étals, au milieu des poissons, des crevettes. Odeur de poisson très frais, craquements du broyeur à glace.

    Toutes débitent des poissons avec le même outil, un hachoir en forme de faucille. Dans un angle, le rémouleur n'arrête pas. Lui aussi pose pour la photo.

    Des crevettes, des crabes vivants, des sardines, des poissons magnifiques, une sorte de colins, font jusqu'à un mètre cinquante de long ; d'autres petits poissons blancs et plats, triangulaires, en partie d'un gris clair très doux, de petits poissons oranges ou roses, de grosses crevettes déjà dépiautées, en vrac dans des caisses. Tout cela dans un joyeux mélange, certains sur les étals, d'autres par terre sur des bâches ou dans des paniers ronds, ou encore carrément à même le sol.

    Le temps passe, il y a déjà une cohue de clients, je n'arrive pas à m'arracher à cet endroit fascinant.

    Depuis un moment déjà, les rigoles saturées débordent, les poissons, par terre, trempent dans ce jus. Les gens marchent dans l'eau, sur les poissons et les débris. J'ai renoncé, avec mes sandales, à ne pas marcher dans cette eau noire, dans les viscères de poisson. Je fais comme tout le monde, le principal, c'est de ne pas tomber ! C'est déjà une prouesse. Mais toujours cette odeur fraîche.


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  • Après le marché à la viande, je sors à l'air libre, et tombe sur le marché à la volaille. Presque un soulagement, dans cette pestilence. Là c'est l'odeur chaude et écoeurante des poulets entassés dans des cages empilées. D'autres pendent par les pattes.


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  • De l'autre côté d'une ruelle, en suivant un porteur de papaye, je suis assaillie par une odeur pestilentielle. C'est le marché à la viande, grande halle fermée. Des étals où des hommes débitent la viande, des corbeaux partout, dans la charpente métallique, sur les étals, sur les quartiers de viande. Par terre, des tas de viscères, des poumons, couverts de corbeaux. Panses remplies de déchets. Odeurs de viande pourrie, flaques de sang, bribes de viscères, difficile de ne pas marcher dedans. Bruit du hachoir, brouhaha des voix d'hommes, croassement des corbeaux. Rats, chats corbeaux se disputent la place.

    Dans un angle, un homme égorge des poulets. Par terre, un poulet agonisant, à moitié égorgé, est agité de soubresauts. Un homme balaye les viscères, un autre, accroupi sur l'étal, débite la viande. Tous deux veulent que je les photographie. Juste à côté, sur un autre étal, des hommes dorment.


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