• Ce jour là, 17 novembre, c'est le 21e anniversaire de la création de l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN). C'est la fête, plus une activité sauf les urgences de la clinique, 1500 indiens avec leur famille, venus passer la journée et la nuit. Les femmes sont assises sur la terre froide et boueuse, elles brodent, s'installent pour faire leur repas. D'autres, debout, en groupe avec les autres femmes de leur village, regardent les jeux.


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  • Des enfants partout. Les femmes portent le costume traditionnel de leur village. Corsages, jupes, châles, chaque village a ses couleurs, ses broderies. On reconnaît ceux de San Andrès, tout proche, de Zinacantan et d'autres. Les contacts ne sont pas faciles, même avec les enfants, très intimidés, mais avec de la patience, ça marche. Souvent les femmes ne parlent pas l'espagnol. Cette famille, avec beaucoup de rires, a fini par m'accepter; ils ont même bien voulu que je les photographie.

    Cette famille, comme les femmes dans la photo précédente, porte le costume du village de San Andres, le plus proche d'Oventic. Chemise blache à plastron brodé (superbe... ma photo n'est pas à la hauteur) longue jupe bleue sombre avec des filets brodés, ceinture brodée, châle (chalina) sur les épaules, qui sert à tout: porter les enfants, les provisions, ou tout simplement tenir chaud. Les petites filles apprennent à broder très jeunes. Chaque femme fait son costume elle même.


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  • Epreuves sportives, basket, volley, tout l'après midi, puis remise des prix. Une vingtaine de zapatistes en cagoule viennent s'installer à la tribune, sous une immense scène couverte. Discours en totzil, puis en espagnol, sur l'importance du sport, devant les sportifs alignés en colonnes. Puis appel des nombreux lauréats qui montent à la tribune serrer la main à toute la file.

    Puis lever des drapeaux, interminable. Des centaines de militants chantent leur hymne en rang, immobiles. Seule distraction, de petits enfants qui courent entre eux et s'accrochent aux basques de leurs parents.En totzil, la terminaison "etik" indique le pluriel. J'ai au moins appris deux mots pendant les discours: "vindiketik": les hommes, et "ansetik": les femmes.


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  • Le soir, démonstration de danse, assez rigides, presque sans musique, puis bal toute la nuit. Musique lente, toujours au même rythme. Danse de l'ours ; ils se balancent d'un pied sur l'autre, pendant des heures. Ca ne réchauffe même pas. Ils sont bienveillants avec les quelques étrangers qui sont là.

    Personne ne m'indique où dormir. Je m'installe dans l'auditorio, grande salle, mur de planches alternant avec du vide, sol de terre battue parsemé d'aiguilles de pin fraiches. Dur, le sol, mais ça sentait bon. Un froid polaire. Mon duvet léger n'était d'aucune utilité, il faut dire qu'il gelait dehors, et que dedans et dehors, c'était pareil, sauf que l'auditorio était plein de familles entières. Va et vient permanent. Quand je me suis réveillée nous étions au moins deux cent là dedans.

    Alors, histoire de vous faire rigoler, je vous raconte le hamac. Je change de crèche le lendemain, pour une cabane plus petite, avec du plastique dans certains interstices (fol espoir d'un peu moins de froid), et j'installe le hamac. Mais il fallait insérer une couverture entre moi et le hamac, parce que le froid dans le dos, c'est pas terrible. Longue lutte perdue d'avance pour installer la couverture. Je finis par l'enrouler autour de moi et par sauter dans le hamac par surprise. Je l'ai eu, je bouge plus. Une scène digne de Buster Keaton. Le premier qui se fiche de moi et qui n'est jamais monté dans un hamac, qu'il essaye! Et voilà qu'au milieu de la nuit (sans sommeil, frigorifiée) je dois me lever. Alors je n'ai pas voulu recommencer cette superbe séquence et j'ai terminé la nuit sur une planche.


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  • Les jours suivants, je me balade d'un point à l'autre du caracol. Toilette de chat en plein air, eau glacée, et pas question de se déshabiller devant tout le monde. Ca n'est pas la culture maison ! De la boue partout, des toilettes à utiliser avec prudence, mais bon...

    Bien intéressant, ce caracol. Dans les activités, les " projets " comme ils les appellent, il y a une école primaire, une école secondaire de 170 élèves, une clinique, plusieurs coopératives, une usine de chaussures.

    Visite de l'école secondaire. Les promodores sont des volontaires, garçon et fille, ont 17 et 19 ans. Dès qu'ils prennent leur rôle officiel, ils mettent leur cagoule et s'installent dans la bibliothèque, devant une fresque didactique.

    150 élèves internes, garçons et filles, qui sont là pour 3 ans, quel que soit leur âge au départ. Tous enfants de zapatistes, une majorité de langue totzil. Ceux qui habitent lojn ne rentrent chez eux que tous les mois (le transport est long et coûteux). 30 personnes sont employées à l'école.

    Et tout ce monde là n'a pas grand chose à manger. Chaque élève apporte un peu de haricots noirs (frijol). Ils en mangent chaque jour, avec un peu de légumes, et une fois par semaine un oeuf en poudre ou un morceau de poulet. C'est ce qu'ils auraient mangé chez eux, d'ailleurs. En plus avec le froid polaire d'Oventic, beaucoup ont des bronchites.

    Il y a un programme scolaire très élaboré, mais les promodores refusent de le communiquer, même aux zapatistes présents, parce " qu'ils n'ont pas d'ordre pour le faire ". Beaucoup de place pour la connaissance de la nature, et de l'histoire " comment nous sommes devenus exploités ". " L'école du gouvernement ne dit pas comment est la vie ". Et cette scolarité n'est pas reconnue par le gouvernement, et il est très difficile ensuite d'entrer à l'université.

    Quand à la discipline, elle est simple : pas de drogue, pas d'alcool, pas de couples. Le reste est très libre. Les parents sont réunis 4 fois par an.


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