• Marché de Colaba, le soir

    La rue n'est qu'une série de boutiques étroites, toutes ont une petite mezzanine qui sert de couchette. Dans l'une, des ouvriers, assis sur des sacs de plâtre, puis un Tea shop, un Fresh Chicken center avec ses cages à poulets, des repasseurs, des tailleurs, un matelassier. Une famille est devant la télé, un homme, accoudé à l'extérieur, la regarde par la fenêtre. La rue débouche sur le marché, en plein air, dans un dédale de ruelles. Moins de bruit qu'ailleurs, peu de voitures peuvent passer. Couleurs, odeurs des fruits et légumes, bien rangés en pyramides luisantes dans des paniers ronds. Petites aubergines, melons, carottes rouge foncé, papayes, herbes, épices, riz, poissons frais. Odeur épicée de la friture vendue par les marchands des rues. Lanternes à gaz allumées sur chaque chariot. Un barbier, une mosquée, des bijoutiers regroupés dans une ruelle, un marchand d'échelles et d'échafaudages de bambou. Au fond d'une cour, de la musique, des enfants dansent en poussant des cris de joie. Ils éclatent de rire en me voyant.

    Tout à coup, on est pris à la gorge par l'odeur âcre, bien reconnaissable d'un bidonville, imbriqué dans le marché. Sans transition, la boue, les enfants endormis par terre, les femmes errantes.


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