• Dans le People's plan, ils ont choisi de s'appuyer sur les femmes pour faire progresser la société, et ont favorisé la création de groupes de femmes de voisinage. Dans ce district de 35 000 habitants, pas plus peuplé qu'un quartier de Paris, il y avait 224 groupes de femmes, chacun de 17 à 25 femmes. Quelle révolution si nous étions capables de faire ça chez nous !

    J'ai participé à la réunion d'un de ces groupes. Elles étaient 17, voisines proches. Elle se réunissent tous les dimanches chez l'une d'entre elles, et parlent de tout , de la politique internationale aux problèmes conjugaux, et notent sur un registre les débats. Le mari circule en offrant des noix de coco. Chacune apporte une petite somme de 10 roupies par semaine pour alimenter une cagnotte, que la commune abonde d'autant. Si l'une a besoin d'un prêt, elle en explique les raisons, et le groupe, collectivement, décide des critères, à qui prêter et pourquoi, et le prêt est remboursable sur 17 mois. Elles tiennent aussi les comptes ensemble.


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  • 10 femmes du groupe ont créé un grand jardin potager. Le terrain ne manque pas, mais c'est du sable. Pour cultiver, il faut faire des levées de sable, qu'on remplit de terre. La récolte est répartie entre toutes les femmes du groupe, même à celles qui ne travaillent pas dans le jardin. S'il reste des légumes, ils sont vendus et alimentent la cagnotte du groupe.
    Le groupe d'à côté a fait la même chose, et nous nous sommes rencontrées près du jardin. Elles sont fières et joyeuses.


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  • Pendant la réunion, les femmes étaient assises par terre, le mari de la femme invitante faisait passer le lait de coco à la ronde. Seule la responsable répondait aux questions.

    Alors je leur ai demandé ce que ce groupe avait changé dans leur vie de couple, puisque là-bas, la femme, c'est la cuisine et les enfants. Et elles se sont toutes mises à répondre en même temps, en riant : au début, les hommes n'ont pas vu ça d'un bon œil, et puis finalement, ça a été une aide, pour les prêts d'argent, pour les légumes cultivés. Et maintenant ils sont au contraire fiers que leur femme participe à un groupe. Mais à ma question : est-ce que ça  a évolué pour la cuisine et les enfants ? elles ont éclaté de rire. Il y a encore du chemin à parcourir... mais ces groupes permettent aux femmes d'avoir leur propre espace.

    D'ailleurs les hommes ne demandent pas des groupes de quartier pour eux mêmes. Mais ils créent des groupes centrés autour d'une activité. A Mararikulam, il y a ainsi 114 groupes d'hommes, constitués sur des projets de micro entreprises.


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  • Dans un gros village, la décision de l'assemblée, il y a 6 ou 7 ans, avait été la création d'un centre de santé. Il y a bien des hôpitaux publics, mais ils sont insuffisants et ne répondent pas aux besoins de proximité. Ce centre coopératif reçoit 400 personnes par jour. Quand il y a des assemblées générales, il y a 800 personnes. Il dispose d'un petit bloc opératoire, de gynéco,  dentiste, pédiatre, ophtalmo, psychiatrie, gériatrie etc. Les 21 médecins sont soit à temps partiel, soit bénévoles, soit à temps plein, avec un très faible salaire. Tous étaient heureux de montrer leur centre, leurs réponses étaient précises, directes.

    Là encore, notre occident prenait une sévère leçon. Les bâtiments ou baraquements sont construits à l'économie, le minimum indispensable. C'est un choix ;« les hôpitaux ont du marbre, on préfère mettre l'argent dans la santé ». Ces gens sont rayonnants, gais, déterminés. Leur souci de l'intérêt général est patent. Ce qui leur importe n'est pas tant de soigner. Bien sûr, ils le font, et apparemment bien. Mais c'est avant tout d'éviter que les gens soient malades. Ils refusent d'être dans la fuite en avant de soigner de plus en plus, de donner de plus en plus de médicaments. Et de toutes façons ce ne serait pas possible, faute d'argent. Donc ils se consacrent beaucoup à l'éducation sanitaire.


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  • Un médecin nous entraîne : « Venez-voir » . Au beau milieu du centre de santé, une baraque vitrée de 4 à 5 m de côté. A l'intérieur, 3 grands bacs de béton. Dans l'un des ordures, de toutes sortes, sauf du plastique. Une femme arrive en riant, tenant dans sa main une brassée de gros vers de terre, et les jette dans le bac. Dans le 2e bac, les ordures, traitées par les vers, au bout de quelques semaines, on dirait de la terre. Dans le 3e, même chose, mais après 45 jours. C'est devenu un parfait compost. Dans ce secteur, les gens avaient l'habitude de jeter les ordures autour de leur maison. Résultats : moustiques, rats, mouches, maladies graves.

    Pour prendre ce problème de santé publique à bras le corps, ils ont fait cette installation au cœur du centre de santé et ce sont les médecins eux mêmes qui le montrent aux gens pour qu'ils fassent la même chose chez eux. Et quand la grand-mère amène son petit fils malade, et que c'est le médecin, en qui elle a confiance, qui lui explique qu'avec ça, le petit n'aurait pas été malade, ça marche.

    En quelques années ils sont arrivés à ce que de nombreux habitants aient changé leurs pratiques. Même chose avec la collecte de l'eau de pluie, la pollution de l'eau étant l'une des tragédies de l'Inde, ils ont aussi une installation : pour leur usage et pour convaincre.


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