• Tikal, un site maya, une merveille. Au coeur d'une jungle immense. J'aime cette jungle, une découverte. 7 heures du matin, ciel couvert, lumière immobile et froide, impression d'immobilité de la jungle et en même temps de vie intense. Quand on s'arrête de marcher, c'est un concert de jacassements, cris, piaillements, craquements, chûtes de branches, froufroutements dans les feuillages, gloussements. De temps en temps une troupe de singes-araignées passe à toute vitesse de branche en branche. On entend un rugissement rauque, que les gens prennent pour un gros félin. C'est un singe, plutôt même de taille modeste, mais qui réussit à faire peur avec sa voix.

    Je comprends tout à coup, ce vieil homme, dans un film sur le massacre d'un village au Guatemala: lui qui avait su maîtriser son émotion en racontant ce drame, avait soudain fondu en larmes en disant comment la jungle avait accueilli les survivants fugitifs, les avait nourris et sauvés.


    votre commentaire
  • Un grand bonjour de ces enfants là, dans le rétroviseur. Alors, parlons des bus au Guatemala.

    D'abord un principe de base, partout en Amérique latine: le temps de transport n'a aucun rapport cartésien avec la distance a parcourir. Quand on a bien intégré ça, pas de problème. Au Guatemala, on les appelle le "chicken bus"? Peut être parce que leur couleur jaune d'or fait penser à des poussins? Ou parce que les gallinacés font partie des passagers courants de ces anciens bus scolaires américains. Ils ne se sont même pas donnés la peine d'enlever l'inscription "school bus" a l'arrière. Pour ce qui est de l'avant, Jésus Christ en a pris possession: "Dios nos acompañe" ou autres slogans de ce genre s'étalent en écriture kitch sur les pare brise. Ce n'est pas inutile d'ailleurs, vu la facon dont ils conduisent, il n'y a plus qu'à recommander son âme a Dieu, surtout en montagne.

    Quelques infos utiles: vous entrez dans le bus, la camioneta", comme ils disent. 2 options: ou bien il est déjà bien plein, et c'est foutu. Ou bien vous avez le choix de la place; dans ce cas:

    - Surtout éviter de se mettre près d'une fenêtre de gauche, les quelques rangs derrière le chauffeur. Il crache régulièrement par la fenêtre et comme elles sont toutes ouvertes, ces sièges sont très exposés.

    - Eviter aussi les sièges du fond, à partir des roues arrière: vu l'état des routes et des amortisseurs, les occupants de ces sièges sont violemment projetés vers le plafond à chaque nid de poule ou ralentisseur (les "tope", très nombreux et d'une conception violente). Sans parler de la poussière... je passe les détails.

    - les autres sièges près des fenêtres sont les meilleurs. Il suffit de s'assurer que le siège existe, qu'il ne reste pas que la ferraille, et qu'il n'est pas recouvert d'un produit ou un autre renversé par un passager précédent.

    Si vous n'avez pas pu choisir la place, vous êtes soit debout, soit le troisième occupant des sièges de deux. C'est tellement dans les moeurs d'y mettre trois personnes que j'en ai même vu un ou étaient peints les numéros de sièges, avec trois numéros pour deux places! Donc vous êtes assis sur une seule fesse, cramponné(e), les deux mains écartées, a la barre de devant. Et commence un sport très similaire à de la planche à voile par grand vent, et dans les tournants on doit équilibrer non seulement son propre poids mais celui de ses voisins.

    A part ca, c'est un endroit très sympa, en tous cas on est dans la vraie vie des gens du pays, et on peut discuter facilement, passé un bref moment d'étonnement de leur part. A recommander, les bus le matin très tôt, entre 5 et 6 h, quand les paysans vont travailler.En plus on ne risque pas de mourrir de faim ou de soif: à chaque arrêt des femmes montent avec sur la tête de vastes corbeilles avec des tortillas de toutes sortes ou des seaux de boissons. Et elles arrivent à se faufiler dans l'allée centrale, qui pourtant ne présente apparemment pas le moindre interstice.


    votre commentaire
  • Bien sûr les temples  de Tikal sont impressionants, mais la jungle encore plus. Du haut du temple 4, après avoir grimpé une multitude de marches, on domine le moutonnement de la jungle, jusqu'à l'horizon. Magnifique, imposant, essentiel, paisible, quelle force! Avec de ci de là des temples qui émergent de cet océan vert. Imaginez la photo développée sur 360 degrés.


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique