• Ils arrivent à Soacha le 20 novembre 2008. Dans cette ville populaire de la banlieue de Bogota, 11 jeunes ont été enlevés et tués par l'armée qui les a ensuite fait passer pour des terroristes. Leurs corps ont été retrouvés dans une région de combats, criblés de balles, des soi-disants guerilleros. Mais cette fois le scandale a été dévoilé et Uribe a dû chasser de l'armée une vingtaine de soldats et gradés qui avait participé à ce crime. En Colombie ces actes se multiplient. On les appelle des « falsos positivos » (des « faux positifs »). Les soldats qui tuent des guerilleros reçoivent des avantages, des primes, des jours de congés... alors quand on n'a pas de guerilleros sous la main, on en fabrique, on attire des jeunes en leur proposant du travail, et le tour est joué... L'horreur. Des jeunes à peine plus âgés que ceux ci qui m'accompagnent.


    3 commentaires
  • A Soacha, une partie de la Minga continue à pied vers Bogota, quelques centaines restent pour assister à une réunion publique de la Commission des droits humains, pour entendre les témoignages de victimes. Le maire de Soacha, des parlementaires dont le député Président de la Commission des droits humains, qui a suivi la marche de la Minga depuis le début, et Gloria Ines Ramirez, sénatrice communiste du pôle démocratique. La Minga est représentée par Feliciano Valencia (sur la photo), conseiller majeur du CRIC (Conseil régional indigène du Cauca). Plusieurs heures de témoignages, certains insoutenables. Des « desplazados », familles de paysans  qui sont chassés par la guerre et les paramilitaires, et qui vont s'entasser dans les banlieues des villes après avoir tout perdu : leur maison, leurs terres, et pour beaucoup ont vu massacrer qui sa femme, qui son enfant, son frère, ses parents... Témoignage aussi des mères des 11 jeunes de Soacha, partis sur un espoir: « j'ai rendez vous pour un travail, je reviens tout à l'heure... »

    En suivant ce lien, vous trouverez une video de l'hymne de la garde indigène, suivie du discours (en espagnol) de Feliciano Valencia http://www.dailymotion.com/playlist/xqps9_cathgegout_colombie-soacha-feliciano-valenc


    votre commentaire
  • Ensuite tout le monde repart pour rejoindre la marche à Bogota, en s'entassant dans les « chivas », les bus décorés du sud de la Colombie, qui ont accompagné la Minga, transportant les bagages, le ravitaillement, les enfants, les malades. Je réussis à me jucher sur le toit d'une chiva, au milieu des rires de tous ces jeunes ; une place de choix pour l'ambiance et la vue... un peu moins pour la fumée et la puanteur des pots d'échappement au ras du toit.


    votre commentaire

  • votre commentaire
  • On arrive à l'Université nationale, rejoignant les marcheurs. C'est  sur le campus qu'est accueillie la Minga. Les grappes humaines descendent des camions et des chivas.


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique